Sujet: Sous des litres d'eau (PV Valentin) Dim 7 Aoû - 4:28
Nuageux. De grandes masses sombres traversent le ciel de coton, emprisonnant les fées dans leurs étreintes d’ombre, enlaçant l’humeur des habitants de pensées claustrophobiques. Le silence perdu des trèfles se courbe au vent, brise glaciale de ces orages de chaleur. Ces mêmes orages qui viennent et repartent en quelques minutes à peine, violents et pleins d’une passion soudaine vite éteinte. On entends parfois le miaulement effacé du tonnerre, sorte de cri soudain, déchirement des duvets célestes. Quelques bourrasques, puis la pluie. Une goutte, deux, trois, six, huit, dix… Et paf, le sol entier se couvre d’ombre étincelante. Pas encore de flaques, mais elles ne tarderont pas. Quelques secondes, à peine, avant que le peu d’optimistes ayant profité de l’éclaircie pour mettre le nez dehors, ne rentrent en courant, manteaux et sacs sur la tête. Il y a quelques fées qui jouent sur la fontaine, à l’abri de feuilles de nénuphar ou de quelques herbes qui passent par là. Les autres sont cachées. L’écho des gouttes sur l’eau comme un coup de triangle. Plics et plocs cristallins. Violon venteux, au dessus des champs en vague, mer verte de quatre feuilles à l’échine courbée. Et des pas, sur les dalles mouillées d’ardoise bleue et grise. Des chaussures noires élégantes qui se dépêchent.
Plus vite Clover. Plus vite. Tu vas encore te faire disputer. Mais c’est chez moi ! Tu sais bien qu’il n’aime pas la pluie. Et tu vas être trempé. J’arrive bientôt.
Et ça tombe, et ça tombe. Même les cheveux noirs commencent à onduler un peu, sous le poids de quelques larmes du ciel qui y restent accrochées. Gouttes, gouttes, goûte donc l’odeur de la pluie, la flagrance de la pierre humide et du vent. Il a un pantalon blanc bien coupé qui lui fait des jambes très longues, et un débardeur vert trèfle. (étonnant,) Après tout, il ne fait pas froid. (le ciel) nuageux derrière lequel perce un soleil timide, lueur translucide comme un ballon-lune. Plic. Ploc. Clover arrive. Plic Ploc. (est) L’averse s’en est allée rapidement. Reste quelques larmes qui perlent, au goutte à goutte. Touches de piano muettes. Plic ploc, trèfles immobiles et brillants, étincelants, résonnants de pluie fine. En haut, tout est (blanc) immaculé. Le ciel, les nuages, tout se confond dans une masse neige qui fait mal aux yeux. On sent toujours l’odeur de la pluie. Cette odeur si particulière. (comme ma peau) Et deux grands yeux verts s’ouvrent sur l’intérieur d’une maison, bâtisse simple en bois d’acajou. Un petit sourire, alors que de l’eau tombe sur le tapis d’entrée, une vieille domestique lui apporte une serviette et il la remercie chaleureusement, en lui tendant les courses qu’elle lui a demandé pour le dîner. Il lui a caché un cadeau dedans, à elle qui le sert depuis si longtemps. Ça n’est pas une relation de maître et majordome, il y a plus de complicité que ça, et beaucoup d’affection marquée par des sourires. Ça pourrait être sa grand mère, en apparence.
-Il est arrivé. Vous devriez aller le voir, il s’impatientait un peu.
C’est tout lui. « On ne fait pas attendre le centre du monde ! », c’est tout à fait ce qu’il doit penser en cet instant.
-Tu as raison.
Clover esquisse un sourire, et se sèche un peu, filant enfiler une tenue que l’eau n’a pas abimée. Un jean et un pull sans manches, toujours vert, pour pallier avec le temps.
C’est digne de ton invité, ça ? Mais qui es-tu, à la fin ? Je suis toi
Il redescend rapidement, les cheveux encore humides, les yeux étincelants de bonne humeur. L’orage reprends, s’arrête, continue… Comme si les étoiles s’amusaient avec une télécommande. Ils auraient une belle récolte de trèfle pour la St Patrick. Plus qu’ils n’en avaient eu les années précédentes. La bière par contre… Faire sécher l’orge serait difficile. Mais bon, il y avait des hauts et des bas. Les trèfles rattraperaient le coup.
-Excuse moi, Valentin ! J’ai été surpris par la pluie !
Des jambes dépassent du canapé couleur bouteille. Des jambes qu’il commence à bien connaître. Une chevelure rousse aussi. Rousse amour, comme une mousse. Son invité est éclairé par une lumière douce et blanche, dans ce salon qui ressemble à un cocon. Clover file s’installer à côté de lui, un sourire penaud sur ses lèvres pâles. Il lui tends un petit paquet rose et vert, curieux assortiment de couleurs. Rose et vert, comme quand Clover rougit.
- Tiens, c’est un cadeau…
Dernière édition par St Patrick le Lun 8 Aoû - 2:32, édité 1 fois
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Sujet: Re: Sous des litres d'eau (PV Valentin) Dim 7 Aoû - 6:13
La pluie. La pluie. Quelle horrible invention de l’Eternel. Pluie. Quel mot hideux, autant que la chose qu’il désigne. Finalement, Valentin détestait toute forme d’eau qui pouvait tomber du ciel. Que ce soit la neige, blanche, qui s’accroche aux chevilles et rend la marche difficile tout en refroidissant le corps, ou la pluie humide qui rend les vêtements poisseux et fait onduler les cheveux… Décidément, il n’aimait pas la pluie. Ces régions où le ciel était sans cesse gris le rendaient morose et amer. Comment pouvait-on aimer vivre dans ces contrées sans pour autant devenir aigris tout au long de l’année ? Lui préférait, les temps aride et chaud, ou le soleil fait rougir les corps. Ou alors encore un hiver sec où l’on préférait rester sous la couette pour se réchauffer… à deux. Ce n’était qu’un des nombreux points qui prouvaient à quel point le Trèfle pouvait être niais. Que ce soit sa propre fête, humide et terne qu’ils tentent tous vainement de rehausser par des touches de vert mal assortis, ou encore la ville de Noël où la neige semble ne jamais vouloir s’arrêter de tomber… Clover avait décidément bien mauvais goût.
Le rouquin déambulait dans des rues vides. Le ciel se voulait indécis, et personne n’osait mettre le bout de son chapeau émeraude dehors, de peur que l’accalmie ne soit de courte durée. Il avait souvent rythmé sa marche d’arrêts soudains, au pied d’un pub pour se mettre à l'abri de la pluie, cherchant vainement à sauver sa sublime chevelure. Le cou rentré dans les épaules, les mains dans les poches et le buste en avant, il avançait, dès que le temps le lui permettait, à grandes enjambées vers sa destination.
Une fois la demeure en vue, il accéléra le pas. Le ciel oscillait toujours entre différentes teintes de gris alors qu’il frappait à la porte de la résidence, abrité sous le porche et bientôt, définitivement à l’abri. Une vieille dame ouvrit. Clover estimait qu’il n’était pas suffisamment important pour venir lui ouvrir lui-même ? Il faisait venir les domestiques à sa place ? Décidément, quel manque d’éducation.
- Bonjour Monsieur Valentin, Monsieur Clover est absent, mais il devrait rapidement revenir. Il m’a demandé de vous faire attendre.
Pardon ? Il devait avoir mal entendu. Le faire attendre ? Lui ? Mais qui était-il pour oser lui faire subir le supplice de l’attente ? Valentin n‘attend personne, et encore moins un Trèfle de bas étages ! Mais il était hors de question de faire un scandale ici et maintenant. Ainsi, il se pencha poliment vers la vieille dame en lui offrant un sourire aimable, puis entra. Elle le conduisit jusqu’à un salon. Elle se retira pour aller chercher des boissons et autres petites collations. Valentin fit rapidement le tour de la pièce. Au-dehors, le ciel restait gris, humide, poisseux. Parfois l’averse reprenait, par d’autres moments, elle se décidait enfin à s’arrêter pour un bref moment avant de recommencer, semblant ne pas vouloir se décider à s’arrêter définitivement. Le rouquin passa sa main dans ses cheveux, ils étaient humides. Sa chemise avait pris une teinte un peu plus foncée au niveau de ses épaules. La vieille dame revint, avec un grand plateau d’argent qu’elle posa sur la table basse, non loin des fauteuils. Le jeune homme se tourna vers elle.
« Excusez-moi, mais… Vous savez si Clover en a encore pour très longtemps ? »
Elle lui offrit un sourire doux.
- Il ne devrait plus tarder.
Elle le salua à nouveau, puis laissa Valentin seul dans la pièce. A présent, il n’avait plus qu’à prendre son mal en patience. Il s’approcha lentement vers les fauteuils, tel un félin vers sa proie, caressa le dossier, en fit lentement le tour puis s’installa dedans. Plutôt confortable. Il croisa les jambes, puis resta un moment les yeux dans le vague, le regard fixé droit devant lui. Il n’entendit pas la porte s’ouvrir, ni les quelques mots échangés, les bruits de pas dans l’escalier. Cependant, les pas qui tambourinaient sur les marches dans le sens inverse éveillèrent son attention. Le voici enfin arrivé ! Ce n’était pas trop tôt ! La porte s’ouvrit sur un corps élancé à la peau pâle. Ses cheveux étaient couleur corbeau, et glissaient sur des yeux rieurs.
-Excuse moi, Valentin ! J’ai été surpris par la pluie !
Valentin trouvait à cet instant que la pluie avait bon dos. Lui aussi avait eu du mal à éviter les averses, et pourtant il était là à l’heure. Il se leva pour accueillir son… ami ? Enfin, passons sur les détails. Ils se rassirent, Valentin dans le fauteuil qu’il occupait quelques instants auparavant, et Clover dans celui situé à côté de lui. Ce dernier lui tendit un petit paquet. Qu’était-ce donc que ceci ?
- Tiens, c’est un cadeau…
Un cadeau ? Pour lui ? Il fixa avec des yeux ronds le petit paquet qui venait de tomber dans ses mains. Rose et Vert ? Cela alliait leurs deux couleurs respectives. Il déballa avec précaution le petit emballage et découvrit au creux de sa paume, un petit trèfle, symbole de Patrick. Sauf que… ce trèfle-là n’était pas de la couleur habituelle représentant sa fête. Non, celui-ci était aux couleurs… de Valentin ? Rouge flamboyant, comme sa chevelure. Et il se doutait bien qu’un tel présent ne devait pas se trouver dans toutes les boutiques de souvenirs du coin. Le rouquin n’était pas sûr d’avoir tout saisi… Clover était-il en train de lui faire une déclaration subjective ? Si c’était le cas, il fallait lui dire clairement qu’il n’était pas de ce bord là. Enfin… si… Mais pas avec un petit bonhomme vert ! Bien qu’il soit plus grand que lui… Il regarda un instant l’objet puis se tourna vers Patrick avec un sourire gêné.
« C’est une très belle attention, je suis très touché. Merci beaucoup. Je m’excuse cependant de ne pas avoir amené de présent. Quand tu viendras chez moi, ce sera à moi de t’en faire un. Cependant… »
Il s’enfonça un peu plus dans son fauteuil en lui montrant l’objet.
« Tu te doutes bien que ceci représente notre alliance et que par conséquent, je ne peux pas l’exhiber fièrement. »
Il remballa délicatement l’objet dans son emballage puis le glissa dans sa poche.
« Sinon… Qu’as-tu de beau à me raconter, mon très cher Clover ? »
Il appuya ses coudes sur son siège et croisa délicatement ses doigts devant son visage en plissant les yeux. Quoique son interlocuteur ait à lui dire, ce serait toujours bon à prendre…